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Jun 11 2013

Les trackers du Web

A l’heure des révélations sur le fonctionnement, et l’existence même, du programme de saisie de données personnelles PRISM de la NSA, la question si fondamentale pour l’avenir de nos sociétés des règles du jeu en matière de saisie et de traitement des données personnelles occupe, sous l’impulsion du Guardian et du Washington Post, la Une de la scène médiatique internationale. Force est de constater qu’en la matière l’ignorance est grande, tant en ce qui concerne les écoutes gouvernementales, qui n’ont bien sûr pas vocation à une large divulgation, que les pratiques industrielles, qui devraient relever d’une relation contractuelle entre les utilisateurs et les compagnies, et les rapports que ces dernières entretiennent avec les services de l’Etat, qui jouisse globalement du même degré de confidentialité.

Dans un article avec Claude Castelluccia et Lukasz Olejnik qui parait aujourd’hui sur la collecte des données de la partie visible du Web à la partie invisible, présenté au séminaire WEIS2013 sur l’économie de la sécurité de l’information à Washington, nous avons obtenus des résultats plutôt surprenants qui montrent la toute puissance des Etats-Unis en matière de tracking international. Il est bien connu que les Etats-Unis dominent le Web avec plus de 70% des 100 premiers sites mondiaux, parmi lesquels Google, Facebook, YouTube, Yahoo, etc. Ce que nous avons montré, c’est que cette domination est encore plus forte sur la partie invisible du Web, celle des Trackers.

Les Trackers sont des outils utilisés dans les pages Web qui échangent des informations avec des sites tiers. Quand on accède à une page, comme par exemple celle du journal Le Monde du 11/06/2013, Comprendre le programme “Prism”, on trouve, ironie oblige, une dizaine de trackers majoritairement américains, onze exactement (24/7 Media, AT Internet, Cedexis Radar, ChartBeat, Ezakus, Facebook Connect, Facebook Social Plugins, Google Analytics, Ligatus, Outbrain, Visual Revenue), que le journal a installé, et qui envoie directement aux services tiers des informations personnelles sur ses lecteurs. Ces trackers peuvent être détecté, et bloqués, par des systèmes comme Ghostery par exemple.

Les résultats de notre étude démontre la détermination des Etats-Unis, l’insouciance des pays d’Europe, la maîtrise de la Russie, et la relative faiblesse du tracking en Chine, premier pays du commerce électronique.

  • Sur les 100 premiers sites mondiaux, 87 % des trackers sont américains;
  • Dans tous les 55 pays que nous avons étudiés, à la notable exception de la Russie, la majorité des trackers sont américains;
  • En France il y a 4 fois plus de trackers américains que de trackers français;
  • Les américains sont trackés 5 fois plus que les chinois

trackers

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