Une Petite Ecole du Numérique… Pour qui, comment, pourquoi ?

En 2015, le gouvernement lançait la Grande Ecole du Numérique, un programme de labellisation de formations au numérique destiné à favoriser l’inclusion et répondre aux besoins actuels et futurs du marché du travail. Pour prolonger la réflexion, la Caisse des Dépôts et Consignations a souhaité se pencher sur la question des compétences numériques du grand public. C’est ainsi qu’a été lancée une grande concertation nationale autour d’une « Petite Ecole du Numérique » qui s’intéresserait aux compétences numériques des citoyens. L’équipe Class’code a été fortement impliquée dès les prémices de ce projet pour son expérience en matière de formation des enseignants et éducateurs à la pensée informatique. Par ailleurs, pour étayer les impressions sur le terrain, ce sont 6 concertations qui ont eu lieu notamment à Lyon (consulter le compte-rendu) et les coordinateurs territoriaux de Class’Code se sont mobilisés pour participer à certaines d’entre elles, à Paris (consulter le compte-rendu), Rennes (consulter le compte-rendu) et Bordeaux.
 
Une Petite Ecole du numérique, pour quoi faire ?
 
L’enjeu du projet de la Petite Ecole du Numérique est de toucher les citoyens en grand nombre et pour y parvenir, le projet bénéficie du soutien des plus hautes instances en matière de numérique et d’éducation. La Caisse des Dépôts a souhaité mener une grande phase de concertation qui réunirait des acteurs variés du numérique éducatif : enseignants, associations, élus, représentants des collectivités, entreprises etc.  A chaque rendez-vous, l’objectif est de faire ressortir les idées sur les intentions de la Petite Ecole du Numérique, les publics à adresser, leurs besoins et les compétences à mettre en œuvre. Sur les publics à adresser, beaucoup ont rapidement été identifiés : les jeunes, les parents, la classe moyenne, la ruralité, les REP, les filles, etc., Cette phase de préfiguration révèle un nombre important d’initiatives existantes et la peur de voir le projet n’être qu’une initiative de plus dans une offre déjà pléthorique. Du côté des objectifs, les premiers avis convergent vers l’établissement d’un socle de compétences communes qui gommerait les inégalités. D’emblée, la volonté de démocratiser le numérique s’affiche. 
 
Des ateliers de concertation sur les territoires
 
L’équipe de préfiguration de la Petite Ecole du Numérique a fait étape à Paris, Lyon, Rennes, Bordeaux et Villeneuve d’Ascq. Les coordinateurs territoriaux de Class’code ont participé à quelques-unes de ces concertation. Au fil des rendez-vous, la volonté de se pencher en priorité sur les publics enfants et adolescents ainsi que la nécessité de mettre en place un lieu de ralliement digital (une « plateforme ») ont émergé. Mais si les questions de fond ont vite semblé faire consensus (pourquoi une Petite Ecole du Numérique, pour qui ?), le « comment » a soulevé davantage d’interrogations : Faut-il labelliser les compétences au risque de noyer le label dans l’offre existante ? Comment reconnaître les compétences autrement ? Doit-on vraiment parler d’école au risque de faire trop scolaire ? Quelle complémentarité pour les différents temps d’apprentissage ? A Bordeaux, construire ensemble, partager, former des citoyens éclairés, donner confiance ont été les piliers souhaités par les participants. A Rennes, ce qui est ressorti avant tout est la volonté de mettre en réseau les forces vives existantes (telles que les ressources Class’code). Les enseignants ont également mis en avant la nécessité d’étalonner les compétences à acquérir en fonction de l’âge et du développement de l’enfant pour une acquisition progressive et solide des connaissances. Le constat saillant est celui du manque de maillage entre les différentes initiatives et notamment entre les temps scolaires et périscolaires. 
 
Enfin, les participants ont émis une réserve sur la multiplication des plateformes. Il faut pouvoir fédérer l’existant et ne pas disperser l’action. A Rennes et Bordeaux, on a aussi mis en exergue la nécessité de penser à un prolongement physique du support numérique avec, par exemple, des points relais répartis au plus près des utilisateurs, dans les villes mais aussi dans les zones rurales. Partout, une réelle volonté de synergie et d’efficience a ponctué les rencontres.  
 
Quelles perspectives ?
 
Avec un tel projet à préfigurer, les questions étaient nombreuses et, par souci d’efficacité, les organisateurs ont balisé de manière rigoureuse le champ des questions à explorer. On a donc pu regretter le manque d’espace dédié à un débat libre qui aurait enrichi encore un peu plus la teneur des propos échangés lors de ces concertations. De même, la question du sens que l’on souhaite donner à cette action, des valeurs sur lesquelles on la construit semble avoir été vite résolue.
Un rapport devrait être diffusé courant novembre 2018 pour de premières actions à la fin de l’année. Espérons que cette rapidité d’exécution, poussée au niveau ministériel, ne se fera pas au détriment de la pertinence d’un projet dont l’équipe Class’code est persuadée de l’intérêt. 
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